Un traitement « exemplaire » du VIH et du cancer de la prostate s’étend sur des décennies

Lorne Blahut

Lorsque Lorne Blahut est venu pour la première fois à L’Hôpital d’Ottawa en 2000, il pensait qu’il allait mourir. Il venait tout juste de recevoir un diagnostic du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

« Il y a quelques années, mon médecin, Stephen Kravcik, m’a dit : “vous devriez planifier votre retraite, car vous n’allez pas mourir” », déclare Lorne, 65 ans, qui a pris sa retraite il y a cinq ans après une carrière à la Société canadienne d’hypothèque et de logement.

Lorne avait raison au départ de craindre la mort. Dans les années 1980, Le Livre Guinness des records désignait le VIH/sida comme la maladie la plus mortelle de la planète. Puis la recherche a changé la donne.

« De toute évidence, le milieu des années 1990 représente l’apogée de la recherche sur le VIH, alors que de nouveaux médicaments étaient mis au point. Le groupe de L’Hôpital d’Ottawa a mené une recherche révolutionnaire dirigée par les Drs Bill Cameron et Jonathan Angel », affirme le Dr Kravcik, qui est venu à L’Hôpital d’Ottawa en 1994 précisément pour effectuer de la recherche sur le VIH et des essais cliniques sur de nouveaux médicaments sous la direction du Dr Cameron. Il a révélé qu’à ce moment, environ 125 de leurs patients atteints du VIH mourraient chaque année. De nos jours, le VIH n’est plus une condamnation à mort.

« Il ne s’agit même pas d’une maladie chronique, ajoute le Dr Kravcik. La plupart des gens comme Lorne prennent une ou deux pilules par jour et mènent une vie normale. Les pilules sont excellentes, car elles sont bien tolérées par les patients qui se portent très bien grâce à elles. »

Il y a 18 ans toutefois, lorsque Lorne a reçu son diagnostic, même si plus de gens atteints du VIH/sida vivaient plus longtemps grâce aux médicaments antirétroviraux, ils ne vivaient pas des décennies.

« Recevoir ce diagnostic était un choc terrible, déclare Lorne. Pendant un certain temps, je n’en ai parlé à personne. Étant membre de la communauté des hommes gais, j’avais peur que les gens le découvrent. C’était intimidant et décourageant, mais on dit que nos pires craintes se concrétisent uniquement dans notre tête. »

Les craintes de Lorne se sont avérées infondées lorsqu’il a réalisé qu’il était entre des mains compétentes et compatissantes.

« Un certain nombre de personnes m’ont aidé à traverser la maladie. Il y avait une équipe en place dès le début, affirme Lorne. Le Dr Kravcik m’a expliqué ce qui allait se passer avec les différents médicaments et il a pris le temps de m’écouter lorsque j’avais des questions. Kim Lancaster, la travailleuse sociale de l’équipe, m’a aidé quand j’ai reçu le diagnostic, pour aller de l’avant et avec mes problèmes personnels. »

Kim Lancaster, qui a travaillé à la Clinique des maladies infectieuses pendant neuf ans, a mentionné que son travail visait principalement à aider les personnes à gérer l’impact émotionnel d’un diagnostic de VIH et à leur apprendre comment se comporter sur les plans professionnel, social et émotionnel. Elle affirme que la maladie fait toujours l’objet d’une stigmatisation.

« Lorne savait qu’il avait besoin d’aide et il a eu le courage d’en demander, déclare Kim. Dans le contexte du VIH, la plupart des gens qui vivent mal avec la maladie sont ceux qui ont trop honte ou peur de la discrimination pour accéder au soutien médical et psychosocial. Ils ne parlent pas aux autres de leur expérience médicale ».

« Les soins étaient globaux. J’ai reçu une aide psychologique en plus d’être pris en charge physiquement », affirme Lorne.

FAIRE UN DON

Lorne soutient que les nombreux niveaux de soins qu’il a reçus lors de son traitement durant les premières années l’ont aidé à vivre avec une maladie qui cause une si grande stigmatisation. Il tire aussi grandement parti de la recherche menée à l’Hôpital et des médicaments antirétroviraux mis au point au fil des ans pour maintenir la maladie en rémission. Lorne a survécu et même vécu assez longtemps pour être atteint d’une autre maladie potentiellement mortelle souvent associée aux hommes plus âgés : le cancer de la prostate.

« Un diagnostic de cancer prend du temps à accepter », affirme Lorne. Il voulait néanmoins connaître ses options de traitement.

Lorne a lu au sujet de deux options chirurgicales du cancer de la prostate avant de décider que la chirurgie robotisée, seulement offerte à L’Hôpital d’Ottawa, était celle qui lui convenait. Le système chirurgical da Vinci est un système robotisé de pointe qu’un chirurgien utilise à distance à l’aide de caméras et de minuscules instruments chirurgicaux. Il est plus facile de récupérer après cette opération, car la chirurgie est réalisée en procédant à de petites incisions plutôt qu’à l’incision classique plus grande au bas-ventre. L’Hôpital d’Ottawa était le troisième établissement au Canada à faire l’acquisition de ce système de chirurgie mini-invasive, acheté avec des fonds provenant de la collectivité.

« Ce qui m’a le plus frappé lorsque je comparais les deux chirurgies, c’est le rétablissement. Récupérer après l’opération classique prend plus de temps en raison de l’incision importante que doit faire le chirurgien, et il faut avoir une sonde pendant des mois. Il y a aussi le risque qu’il y ait plus de lésions nerveuses à cause de la précision inférieure. Je n’avais donc aucun doute. »

Lorne a rencontré le Dr Chris Morash, chirurgien, qui a parlé des effets secondaires potentiels d’une chirurgie du cancer de la prostate. Certaines personnes souffrent d’incontinence ou de dysfonction sexuelle pouvant découler d’une telle chirurgie. Certaines ont aussi besoin d’une hormonothérapie après la chirurgie. Quelques jours plus tard, Lorne a rencontré Liane Murphy, travailleuse sociale, et a parlé de ces inquiétudes à ce sujet.

Liane a déclaré qu’elle rencontre des personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate pour les aider à se préparer à la chirurgie et à leur rétablissement, en plus de passer en revue toute question qui les inquiète.

« Entre autres choses, la santé sexuelle est certainement un sujet important pour tout homme atteint d’un cancer de la prostate, affirme Liane. Lorne a parlé de santé sexuelle et ensuite, il avait un important message à transmettre au Dr Morash. Je l’ai transmis. »

Son travail pour le compte de Lorne a permis d’avoir une discussion positive avant l’opération avec le Dr Morash qui a mieux tenu compte des préoccupations de Lorne. En février 2018, Lorne a subi une chirurgie robotisée de trois heures. Il récupère bien et il recommence à profiter de sa retraite.

« Je suis arrivé ici en 1992. Lorsque j’ai pris ma retraite il y a cinq ans, on m’a demandé si j’allais retourner en Saskatchewan. La première chose qui m’est venue à l’esprit est : “Non, car je ne peux y recevoir les soins de santé de L’Hôpital d’Ottawa”, déclare Lorne. Dans l’ensemble, mon expérience à L’Hôpital d’Ottawa a été exemplaire. Les membres du personnel m’ont bien traité et énormément soutenu. Je ne peux que vanter leur mérite. »

Lorne n’est pas seul à subir un stress émotionnel à la suite de diagnostics et de traitements pour des maladies aussi dévastatrices que le VIH et le cancer de la prostate. Beaucoup d’hommes gais vivent le même genre d’expériences. Cependant, Lorne est aussi en train de révolutionner un nouveau domaine des soins de santé.

« Peu d’hommes de son âge ont survécu au VIH », révèle Tim Hutchinson, ancien directeur des services sociaux du Centre de cancérologie de L’Hôpital d’Ottawa, qui connaît Lorne depuis de nombreuses années. « Il joue un rôle de pionnier et de modèle pour comprendre ce qu’il advient à cette population alors qu’elle vieillit, et comment ça se passe pour un homme gai au sein du système de santé. »

L’Hôpital d’Ottawa établit une Chaire de recherche en santé des hommes gais afin de créer un programme de soins de santé complet visant à améliorer l’accès aux soins des hommes gais de tout âge ainsi que la prestation de ces soins. Contribuez à ce que tous les hommes gais reçoivent d’excellents soins en appuyant les efforts de L’Hôpital d’Ottawa à devenir le principal expert en soins de santé destinés aux hommes gais.

Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, Margot Lefebvre, Agente principale de développement, philanthropie, 613-798-5555, poste 19819, marlefebvre@toh.ca

FAIRE UN DON

Plus: